Nous vivons dans un monde souvent décrit comme VUCA : volatile, incertain, complexe et ambigüe. Cette incertitude peut générer de l’anxiété dans le travail. Une des réponses possibles ne se trouve pas uniquement dans les outils ou les méthodes, mais dans la qualité des relations de travail.
Une confiance solide peut venir contenir ce sentiment d’insécurité. Comment cela se construit-il concrètement ?
Dans le travail, la psychodynamique du travail parle de trois coopérations différentes : horizontale, verticale et transverse. La première, nous l’entretenons avec nos collègues de même rang hiérarchique, que nous ayons le même métier ou non (dans mon précédent métier paramédical, psychomotricien, j’étais en relation de coopération horizontale avec les autres professions paramédicales comme infirmier ou autre). La seconde, nous l’entretenons avec nos collègues de niveau hiérarchique différent. Par exemple, un manager est dans ce type de coopération tout autant avec l’équipe qu’il manage qu’avec ses n+1 et n+2. La dernière, nous la vivons avec les bénéficiaires de notre travail : les patients pour les métiers du soin, les clients pour les métiers de service, etc…
Créer un lien de qualité
La coopération horizontale se construit à partir des temps d’échange, formels et informels, sur le travail. C’est là que vont se discuter les règles de métier (aspect déontologique) et les règles de travail en général sur ce qu’il paraît juste de faire (aspect éthique). Trouver des points d’accord est parfois complexe et nécessite de venir, revenir et revenir encore sur ces points de discussion/confrontation car c’est au travers de ces échanges parfois difficiles, en parole libre, que va se construire la confiance indispensable au « travailler ensemble » et à la qualité des relations de travail.
Dans la coopération verticale, ce sera la reconnaissance qui sera le socle du lien de qualité. Quelle que soit la forme qu’elle prend, la reconnaissance au travail est le pilier de l’engagement et de la motivation, car au-delà de valoriser un travail accompli, c’est surtout reconnaître et « confirmer » la personne elle-même qui a réalisé le travail. Pour plus de détail, vous pouvez vous rendre ici.
Et le lien de qualité dans la relation transverse ?… Il impose que vous puissiez établir un lien de confiance entre vous et votre bénéficiaire. D’accord, mais comment ? Qu’est ce qui peut vous guider ? Pour ma part, j’apprécie particulièrement le repère donné par la vision, ou bien encore celui donné par le « pourquoi » de Simon Sinek. Ce sont des éléments qui aident à donner du sens à nos actions au quotidien, et c’est ce sens qui nous habite dans le travail que les autres perçoivent. Comme le dit Simon Sinek, « les gens n’achètent pas ce que vous faîtes, ils achètent pourquoi vous le faites ».
Pour quels bénéfices ?
Dans le travail, comme le rappelle Christophe Dejours, la confiance est très difficile à gagner et très facile à perdre. Alors, comment avancer ? Etre authentique dans le travail me semble indispensable. Avec en point de repère le « je dis ce que je fais, je fais ce que je dis » et la liberté de parole, la confiance en l’autre se gagne progressivement. Elle permettra à ce que la confiance en soi s’installe également. Plus la confiance est présente, plus les échanges « osent », meilleure la qualité du travail est. Comme le disait un de mes anciens collègues, à propos de notre travail d’équipe, « notre plus grande force, c’est de réussir à ne pas être d’accord sans aller jusqu’à s’engueuler ».
Dans des relations de travail de qualité, la confiance permet par ailleurs de montrer sa vulnérabilité lorsque cela est nécessaire. Je pense notamment aux managers qui doivent prendre des décisions régulièrement. Lorsqu’une décision prise n’était pas la meilleure, le reconnaître et le dire ne fait qu’accroître la confiance que vous accorde votre équipe. La confiance est également le ferment dans lequel croît la co-responsabilité qui permet de grands résultats.
Et à l’égard des bénéficiaires, la confiance permet de ne pas tomber, pour le professionnel, dans le travail, dans le gouffre de la « souffrance éthique », cette souffrance toute particulière et destructrice, que l’on ressent lorsque l’on pose des actes (manipulation, chantage, violence verbale…) en désaccord avec ses valeurs. Souffrance qui, si l’on ne l’écoute pas, mène tout droit au burnout.
Conclusion
Quel que soit le niveau d’incertitude dans lequel vous évoluez, la qualité des relations de travail reste un point d’appui essentiel. Elle permet de maintenir une direction, même lorsque l’environnement devient instable. Comme un bateau dans la houle, ce ne sont pas les vagues qui font la solidité, mais la qualité de ce qui relie l’équipage.
BIBLIOGRAPHIE
Commencer par Pourquoi, Simon Sinek
Trouver son Pourquoi, Simon Sinek, David Mead et Peter Docker
Ce qu’il y a de meilleur en nous, Christophe Dejours
« Une équipe n’est pas un groupe de personnes qui travaillent ensemble. Une équipe est une groupe de personnes qui se font confiance. », Simon Sinek
