Que signifie réellement « être soi au travail » ?
Derrière cette expression souvent utilisée, il y a une réalité plus complexe qu’il n’y paraît. Entre attentes professionnelles, relations aux autres et rapport à soi, il devient parfois difficile de savoir comment se positionner de manière juste.
Dans le travail, comme dans la vie personnelle, notre personnalité, que l’on appelle aussi l’égo, résulte de toutes nos interactions passées avec notre environnement (vie familiale, amicale, scolaire, associative, professionnelle…). En-deçà de cet égo existe quelque chose de plus impalpable et subjectif, notre unicité, que l’on peut appeler également « âme », ou « centre » ou « soi ».
Alors que l’égo se caractérise principalement par nos pensées, ce que l’on se dit à propos de soi ou des autres, notre unicité concerne notre essence, nos aspirations profondes qui ont à cœur de s’exprimer à travers nous dans notre monde. L’expérience de la vie et du travail que nous faisons jour après jour résulte donc de l’interaction de ces trois entités : le soi, l’égo et notre environnement (ou système).
Une interaction harmonieuse ?
L’égo se construit à partir de nos expériences passées, qu’elles aient été structurantes, bénéfiques, heureuses ou au contraire violentes, déstabilisantes, injustes. Dans ce dernier cas, nous ressentons que notre nature profonde, notre soi, n’est pas accepté et confirmé par l’extérieur. Il en résulte une structuration de notre personnalité centrée sur des procédés défensifs de tout type : pensées limitantes, jugements sur soi et les autres, conformisme, conditionnements, vouloir convaincre ou dominer…
Or, construire une vie professionnelle qui a du sens pour soi, qui porte la marque de « l’évidence d’être soi», passe par une interaction harmonieuse entre ces trois entités. C’est-à-dire que l’égo, notre personnalité, devient une interface facilitatrice en se montrant tout autant à l’écoute de notre soi, nos aspirations profondes, que du système dans lequel nous évoluons, et nous permet de poser des actions toujours plus en accord avec nous-même.
Pour quels bénéfices ?
« Être soi » au travail au quotidien, c’est ressentir et suivre l’interprétation personnelle que nous faisons des demandes qui nous sont faites, c’est être assertif, ouvert et en confiance dans nos interactions et positionnements qui en découlent, c’est sortir des relations dominant/dominé, gagnant / perdant, pour avancer vers une collaboration fructueuse basée sur le respect de soi et d’autrui, la co responsabilité, l’écoute et la reconnaissance mutuelle.
« Être soi » dans sa vie personnelle, c’est, dans nos interactions, trouver les positionnements et ajustements relationnels favorisant le respect de soi et d’autrui, l’écoute et l’expression de nos aspirations profondes, c’est en écho favoriser l’expression de la nature profonde de ceux qui nous entourent, c’est avancer avec confiance et courage pour créer la vie que l’on souhaite.
conclusion
Être soi au travail ne consiste pas à s’affirmer contre les autres ou à s’extraire du cadre. Il s’agit plutôt d’un ajustement fin et vivant entre ce que nous sommes, ce que nous vivons et le système dans lequel nous évoluons. Lorsque cet ajustement devient plus lisible, les relations se simplifient…et l’action retrouve de la justesse.
Bibliographie
L’acceptation profonde, Jeff Foster, 2014, Almora
Etre sans le dire, Franck Terreaux, 2019, Almora
Etre – Approches de la non-dualité, Jean Klein, 2014, Almora
« Soyez vous-même, tous les autres sont déjà pris », Oscar Wilde
