Dans un monde où tout va vite, les temps de réunion, le travail individuel réfléchi et l’intelligence collective sont des leviers essentiels pour transformer la performance en compétence durable.
Le paradoxe du temps : ralentir pour être plus efficace
Aujourd’hui, dans les entreprises, tout va toujours plus vite. La pression pour produire, décider et agir rapidement semble omniprésente. Dans ce contexte, les réunions et les moments d’échange sont souvent perçus comme secondaires, voire comme une perte de temps (alors que les temps de rencontre informels se multiplient…).
Pourtant, ces temps de rencontre sont essentiels pour construire l’efficacité collective. Les réunions deviennent ennuyeuses ou vides de sens lorsqu’elles ne parlent pas du travail réel, lorsqu’elles ne permettent pas de comprendre les processus, les choix et les interactions qui font qu’un collectif fonctionne.
Lorsqu’elles sont bien conçues, les réunions deviennent de véritables espaces d’apprentissage mutuel. Chacun peut observer, comprendre et partager les intelligences, les compétences et les méthodes des autres. Comme le souligne Christophe Dejours, la performance arrive avant la compétence : on réussit sans savoir exactement comment. Les temps de rencontre et de discussion permettent de décoder comment nous sommes devenus performants, et de transformer des résultats bruts en compétences explicites, durables et transférables.
Le travail individuel : penser pour mieux agir
Être efficace ne se limite pas aux interactions collectives. Le travail individuel et la réflexion personnelle sont tout aussi essentiels. Prendre le temps de penser son travail, de le mettre en perspective et d’analyser ses méthodes permet de gagner en clarté et en impact.
Le coaching offre un espace privilégié pour cette réflexion. Il permet aux dirigeants et managers de prendre du recul, clarifier leurs priorités et recentrer leurs décisions. Des outils comme le « Why » de Simon Sinek ou la pyramide des niveaux neuro-logiques de Dilts permettent de se recentrer sur l’essentiel, d’ancrer son identité professionnelle et de clarifier ses motivations profondes.
Prendre le temps de cette réflexion individuelle peut sembler long, mais il génère un gain considérable de temps et d’efficacité : on comprend mieux ce qui fonctionne, pourquoi cela fonctionne, et comment reproduire cette réussite, individuellement et collectivement.
Le travail d’équipe : structurer l’intelligence collective
Si le travail individuel permet de clarifier ses propres pratiques, le travail collectif est indispensable pour amplifier cette efficacité. Les réunions et temps d’échange deviennent de véritables espaces de développement collectif, à condition d’être bien animés.
Le coaching propose des méthodes concrètes, comme la technique de l’animation déléguée, qui permet à un groupe de s’auto-organiser, de faire circuler la parole et de construire des décisions de manière fluide. L’animation déléguée transforme la réunion en un laboratoire d’efficacité collective, où chacun devient acteur de la production de sens.
La liberté de parole est centrale dans ce processus. Chacun doit oser dire ce qu’il ressent et ce qu’il pense, et chacun doit aussi être écoutant et réceptif. Une écoute accueillante et sincère permet à chaque individu de se sentir entendu et valorisé. C’est ainsi que la singularité de chacun devient un capital immatériel précieux, enrichissant la qualité des décisions et des projets.
Capitaliser et reproduire
Pour capitaliser et reproduire ce qui fonctionne, certaines méthodes peuvent être mises en œuvre :
• la modélisation des facteurs de succès de Robert Dilts, qui identifie les pratiques et comportements qui conduisent aux résultats efficaces,
• l’Appreciative Inquiry, qui met en lumière les réussites et ressources du collectif pour construire l’avenir à partir de ce qui marche déjà.
Un bémol important toutefois : chaque équipe a son propre optimum de fonctionnement. Une méthode qui rend un groupe très performant ne fonctionnera pas nécessairement avec un autre. Ce qui a marché ailleurs n’est pas une loi universelle, mais plutôt une source d’inspiration. Comprendre et adapter ces méthodes aux spécificités de chaque équipe permet de générer de très bons résultats tout en respectant la singularité du collectif.
Conclusion : ralentir pour mieux performer
Dans un monde où l’urgence domine, prendre le temps pour réfléchir, se rencontrer et structurer le collectif n’est pas une perte de temps : c’est un levier essentiel pour transformer la performance brute en compétence durable.
• Les temps de réunion bien animés permettent d’apprendre des autres et de transformer l’expérience en compréhension partagée.
• La réflexion individuelle clarifie les pratiques et aligne les motivations.
• L’intelligence collective, soutenue par des méthodes adaptées et la liberté de parole, libère la richesse des singularités de chacun et renforce la cohésion.
Ralentir pour penser et rencontrer, c’est finalement aller plus vite dans l’efficacité réelle, durable et humaine.
« Celui qui déplace une montagne commence par déplacer de petites pierres« , Confucius
