Pourquoi j’ai appelé mon site « Unicite-Coaching » ?
La question m’est parfois posée. Elle mérite mieux qu’une réponse rapide, car ce nom n’est ni un effet de style, ni un simple choix de communication. Il exprime une conviction profonde, née du terrain, affinée au fil des années et confirmée par les nombreuses personnes que j’ai accompagnées. Que ce soit dans mon ancien métier, psychomotricien en milieu hospitalier dans des environnements particulièrement complexes, ou dans mon métier actuel, coach en entreprise.
Cette conviction est simple : chaque être humain est unique.
Cela peut sembler évident, presque banal. Pourtant, dans le monde du travail, cette évidence est, malheureusement, souvent oubliée. Nous parlons de ressources, de postes, de compétences, d’objectifs, de process, d’organigrammes. Tout cela a sa place, bien sûr ; une organisation a besoin de structure, de cadre. Mais lorsque la structure devient la seule grille de lecture, quelque chose d’essentiel disparaît : la personne. Vous, moi, les autres…
Car chacun arrive au travail avec bien plus qu’un CV ou une fiche de poste. Chacun porte en lui une manière singulière de penser, de ressentir, de créer du lien, de résoudre les problèmes, d’apaiser les tensions, de décider, d’innover, de transmettre. Chacun possède une intelligence propre, un style, une sensibilité, une façon unique d’habiter sa fonction, sa mission et son rôle.
C’est ça que j’appelle l’unicité.
Non pas le fait d’être exceptionnel, non pas le besoin d’être admiré, encore moins une invitation à l’ego. Simplement le fait d’être un être distinct, irréductible, porteur d’une contribution singulière. J’aime parfois utiliser cette image : dans l’océan, chaque goutte d’eau est unique. Et pourtant, c’est ensemble qu’elles forment l’océan. L’unicité ne s’oppose donc pas au collectif. Au contraire, elle en est la matière vivante.
Ce que le travail standardisé menace
De nombreuses organisations, souvent sans mauvaise intention, finissent par penser le travail comme une succession de tâches à exécuter. Dans cette logique, les personnes deviennent remplaçables, interchangeables, ajustables selon les besoins du moment. On cherche alors l’efficacité immédiate. On découpe, on mesure, on optimise, on standardise.
Il peut y avoir des gains réels à court terme, mais il y a aussi un coût, parfois très cher, et souvent silencieux.
Quand une personne sent que seule son exécution compte, elle se retire progressivement de ce qu’elle a de plus vivant. Elle fait ce qu’il faut faire, et juste ce qu’il faut faire, parfois très correctement, mais sans élan. Elle applique, sans habiter. Elle produit, sans se sentir vraiment engagée. La psychodynamique du travail appelle cela « la grève du zèle ».
On parle parfois de démotivation, de perte de sens, de désengagement. Derrière ces mots, il y a souvent quelque chose de plus simple : une unicité qui n’arrive pas à s’exprimer, et encore moins se développer, par l’intermédiaire du travail. Alors que c’est là une des sources premières et essentielles à la motivation au travail : la croissance personnelle au travers du travail.
Un être humain qui ne peut plus exprimer sa manière propre d’exercer son métier finit souvent par s’appauvrir intérieurement. Et l’organisation, de son côté, perd une richesse qu’elle ne mesure pas toujours : l’intelligence vivante de ceux qui la composent.
Quand l’unicité peut s’exprimer, l’énergie revient
À l’inverse, un travail devient profondément motivant lorsqu’il permet à une personne de mobiliser ce qu’elle est réellement. Lorsqu’elle peut réfléchir avec sa propre intelligence, contribuer avec sa sensibilité, prendre des initiatives à sa manière, créer de la valeur avec son style propre, se sentir utile sans se trahir.
C’est souvent à cet endroit que réapparaissent l’engagement, la créativité, la responsabilité et même la performance durable. Car une personne qui agit depuis ce qu’elle est vraiment n’a pas besoin d’être portée en permanence par l’extérieur. Elle trouve en elle une part de son énergie.
Je rencontre régulièrement des professionnels compétents qui ne manquent ni de capacité, ni de bonne volonté, ni d’expérience. Ce qui leur manque, le plus souvent, ce n’est pas “plus d’efforts”, c’est plutôt un espace où redevenir eux-mêmes dans leur manière de travailler.
Le coaching ne fabrique pas la valeur : il la révèle
C’est l’une des raisons pour lesquelles j’aime profondément le coaching.
Le coaching, tel que je le conçois, n’a pas pour but de modeler quelqu’un selon un idéal extérieur. Il ne consiste pas à plaquer une méthode sur une personne pour la rendre conforme à ce que l’on attend d’elle. Il vise plutôt à enlever ce qui encombre : les peurs accumulées, les croyances limitantes, les automatismes défensifs, les suradaptations devenues étouffantes, les injonctions contradictoires, la fatigue relationnelle, le bruit intérieur…
En dessous de tout ça, il y existe quelque chose de précieux, qui n’attend que de s’exprimer.
J’accompagne en ce moment une cliente dont le dirigeant lui a dit un jour : vous êtes une pépite enfermée dans une croûte. L’image est forte. Peut-être un peu abrupte. Mais elle dit quelque chose de juste. Certaines personnes n’ont pas besoin qu’on leur ajoute des qualités. Elles ont besoin qu’on retire ce qui les empêche d’apparaître. Quand cela se produit, on ne “fabrique” pas un potentiel, on le révèle, on le libère.
Et dans les équipes ?
Les choses deviennent encore plus intéressantes lorsqu’on passe de l’individu au collectif, car manager une équipe ne consiste pas seulement à répartir des tâches ou à contrôler des résultats. Il s’agit aussi de faire coopérer des unicités différentes : des rythmes différents, des sensibilités différentes, des façons de penser différentes, des talents différents, parfois des irritations réciproques, aussi.
Le management le plus mature n’écrase pas ces différences au nom de l’uniformité. Il cherche à les articuler au service d’un projet commun. Il crée un cadre suffisamment clair pour permettre la coopération, et suffisamment vivant pour laisser exister chacun. Ce n’est pas toujours simple. Mais c’est souvent là que naissent les équipes les plus solides et les plus créatives.
Pourquoi Unicite-Coaching…
Si j’ai choisi ce nom, ce n’est donc pas pour célébrer l’individualisme. C’est presque l’inverse.
Je l’ai choisi parce que je crois que les organisations deviennent plus humaines et plus performantes lorsqu’elles cessent d’opposer la singularité des personnes et l’exigence collective. Je l’ai choisi parce que je crois qu’une personne respectée dans ce qu’elle a d’unique donne souvent le meilleur d’elle-même. Je l’ai choisi parce que je crois que beaucoup de souffrances au travail viennent moins d’un manque de compétence que d’un empêchement à exister justement dans sa manière de contribuer.
Et je l’ai choisi parce qu’au fond, accompagner quelqu’un, ce n’est pas le normaliser. C’est l’aider à retrouver ce qu’il est capable d’apporter de singulier, de juste et de vivant.
