Avec Jean-Philippe Louvel,
Coach, Formateur & Conférencier.
Face à la difficulté, nous allons plus facilement chercher des réponses en dehors de nous-mêmes. Alors qu’il est essentiel de commencer par regarder en soi, de retrouver l’accès à ce qui fait de nous des êtres singuliers, pour trouver les réponses qui nous correspondent, font sens pour nous, et agir à partir de là.
Parce que c’est ainsi que nous pouvons redevenir créateurs de notre propre chemin.
L’enjeu de l’accompagnement est donc triple : reconnaître ce qui est déjà présent en soi, comprendre ce qui en empêche l’expression, puis découvrir ce que l’on souhaite devenir et identifier ce qui demande à être développé pour aller dans cette direction.
Nous pouvons alors être davantage empêchés dans la mobilisation et l’expression de nos ressources que, finalement, dépourvus de compétences.
Ce travail peut être inconfortable. Il peut nous amener à regarder des contradictions, des habitudes ou des représentations auxquelles nous étions attachés, et dont peut-être nous aurons à nous séparer.
Lorsque notre regard sur nous-même s’élargit, quelque chose change.
Nous ne contrôlons pas tout ce qui nous arrive, nous ne choisissons ni notre histoire, ni toutes les circonstances de notre vie. Mais nous pouvons retrouver une marge de liberté dans la manière dont nous regardons ce qui nous arrive, dont nous décidons d’y répondre.
Prendre sa place ne signifie donc pas prendre toute la place. Cela signifie pouvoir être soi sans avoir besoin de diminuer l’autre, de s’y opposer ou de se conformer à lui. Cela signifie pouvoir reconnaître que l’autre est différent, avec sa propre histoire, sa propre manière de voir et sa propre contribution. Et reconnaître la richesse de cette différence.
Dans notre famille, dans notre travail, dans nos relations, dans les collectifs auxquels nous appartenons, nous avons tous quelque chose à apporter, pour que le résultat soit plus grand que la somme des parties.
Et ça vaut le coup !
Le travail est pour moi un lieu d’apprentissage, de coopération et de réalisation, voire un lieu possible d’accomplissement de soi.
Mais cela ne se décrète pas.
Cela dépend des conditions dans lesquelles nous travaillons, de la manière dont les relations sont construites, de la place laissée à chacun et de la possibilité réelle de penser par soi-même, de parler, de prendre des initiatives et de contribuer.
Je crois que chacun connaît, au moins en partie, son propre chemin. Mais il peut arriver qu’il ne puisse plus le voir. Ma place est de créer les conditions pour que quelque chose devienne plus clair.
Créer les conditions pour que la personne puisse voir davantage, se comprendre davantage, choisir davantage et devenir davantage actrice de ce qu’elle veut construire. Non pas pour lui donner sa direction, mais pour l’aider à retrouver sa boussole.
Se réunifier, retrouver notre unicité, c’est retrouver davantage de cohérence entre ce que l’on pense, ce que l’on ressent, ce que l’on vit et ce que l’on fait.
Se reconnaître, c’est pouvoir regarder sa singularité sans chercher à la comparer ou à la juger.
Se développer, c’est pouvoir choisir consciemment ce que l’on souhaite faire grandir en soi.
Prendre sa place, c’est pouvoir l’exprimer dans le monde, avec respect et congruence avec celle des autres.
« Le plus grand bien que nous faisons aux autres hommes n’est pas de leur
communiquer notre richesse, mais de leur révéler la leur. «
Louis Lavelle
